7 graminées en automne pour un jardin lumineux

Les graminées en automne transforment un jardin qui s’éteint en un tableau de lumière. Leurs épis captent le soleil rasant, leurs feuillages passent au doré, au cuivre ou au rouge, et le moindre vent les anime. Dans le Midi, elles supportent de surcroît l’été sec et les sols calcaires. Voici les sept graminées que vous retrouverez à la pépinière, à Saint-Clément-de-Rivière, pour un automne lumineux.

Pourquoi les graminées illuminent-elles le jardin en automne ?

Les graminées sont les reines de l’arrière-saison parce qu’elles fleurissent tard et vieillissent bien. La plupart montent leurs épis de la fin d’été jusqu’en octobre. Ensuite, au lieu de faner, ces épis sèchent sur pied et restent beaux tout l’hiver.

De plus, leur magie tient à la lumière. Le soleil d’automne est bas et rasant. Placées à contre-jour, les inflorescences s’enflamment comme des filaments dorés. C’est l’effet recherché dans les jardins contemporains, popularisé par les jardins dits « naturalistes ».

Enfin, les graminées apportent le mouvement. Un simple souffle de tramontane fait onduler une touffe de cheveux d’ange. Par ailleurs, leur silhouette légère allège les masses sombres des persistants méditerranéens, comme les oliviers, les chênes verts ou les cyprès.

Les 7 graminées en automne à retrouver à la pépinière

Cette sélection correspond aux variétés présentées dans notre rubrique Graminées & Vivaces. Toutes se plantent de l’automne au printemps, en conteneur.

Les cheveux d’ange, Stipa tenuissima

Les cheveux d’ange forment la graminée la plus légère qui soit. Leurs touffes de fins filaments vert pâle blondissent dès la fin d’été, puis dorent en automne. Au moindre vent, elles ondulent comme une chevelure, d’où leur nom.

La plante mesure 40 à 60 centimètres et se plaît en plein soleil, dans un sol pauvre et drainé. Autrement dit, elle est faite pour nos terrains secs. Plantez-la en nombre, par groupes de cinq ou sept, le long d’une allée ou au pied d’un olivier.

Un point de vigilance : elle se ressème volontiers. Pour la contenir, coupez les épis avant la dispersion des graines ou arrachez les semis indésirables au printemps. En échange, elle ne demande rien d’autre qu’un peignage en fin d’hiver.

L’eulalie, Miscanthus sinensis

L’eulalie apporte la hauteur et les plumets. Ses inflorescences soyeuses apparaissent en septembre, argentées ou rosées, puis deviennent blanc nacré. Au contre-jour d’octobre, elles brillent littéralement.

Comptez 1,50 à 2 mètres selon les variétés. Le miscanthus préfère un sol un peu plus frais que les cheveux d’ange, mais s’accommode très bien de nos terres argileuses. Il tolère aussi la mi-ombre.

Utilisez-le en fond de massif, en écran léger ou en sujet isolé. Rabattez-le à 15 centimètres en février, juste avant la nouvelle pousse. Surtout, pas avant : ses tiges sèches comptent parmi les plus beaux décors de l’hiver.

L’herbe aux écouvillons, Pennisetum alopecuroides

L’herbe aux écouvillons séduit par ses épis en goupillon, doux au toucher, qui apparaissent dès août. En automne, ils prennent des teintes fauves et dorées, tandis que le feuillage vire au jaune paille.

La touffe reste compacte, autour de 50 à 80 centimètres, ce qui en fait une excellente plante de bordure ou de bac. Elle demande le plein soleil et un sol drainé, et supporte bien la sécheresse une fois installée.

Attention toutefois à ne pas la confondre avec Pennisetum setaceum, l’herbe aux écouvillons pourpre. Celle-ci est devenue envahissante sur le pourtour méditerranéen. L’espèce que nous présentons, Pennisetum alopecuroides, reste sage et parfaitement rustique.

La fétuque bleue, Festuca glauca

La fétuque bleue joue un rôle différent : elle apporte la couleur froide qui fait ressortir les ors de l’automne. Ses petites touffes rondes, de 20 à 30 centimètres, gardent leur bleu argenté toute l’année.

Persistante et très compacte, elle structure l’avant d’un massif, borde un cheminement de graviers ou ponctue une rocaille. De plus, elle est parfaitement adaptée au sec et au calcaire. En revanche, elle craint l’humidité stagnante en hiver : plantez-la toujours dans un sol qui s’égoutte vite.

Placée devant un pennisetum doré ou une eulalie, elle crée un contraste de couleur et de forme qui met tout le massif en valeur.

La laîche testacée, Carex testacea

La laîche testacée est la graminée des couleurs chaudes. Son feuillage fin, vert olive en été, se teinte de bronze, de cuivre et d’orange dès que les nuits fraîchissent. En automne, à contre-jour, la touffe semble s’embraser.

Elle forme un coussin souple de 40 à 50 centimètres, persistant tout l’hiver. Originaire de Nouvelle-Zélande, elle accepte le soleil et la mi-ombre, et se contente d’un sol ordinaire, plutôt drainé.

Plantez-la en groupe pour un effet de vagues cuivrées, ou en pot sur une terrasse. Elle ne se taille pas : un simple peignage au printemps suffit à retirer les feuilles sèches.

La paille de Dys, Imperata cylindrica ‘Red Baron’

La paille de Dys est la plus spectaculaire en couleur. Ses feuilles dressées, vertes à la base, deviennent rouge sang vers la pointe dès l’été. En automne, le rouge gagne toute la feuille et s’illumine au soleil rasant comme un vitrail.

La plante reste basse, autour de 40 à 50 centimètres, et s’étend lentement par rhizomes sans jamais devenir envahissante. Elle apprécie un sol qui garde un peu de fraîcheur en été, ainsi que le plein soleil pour colorer au mieux.

Son feuillage disparaît en hiver et repart au printemps. Associez-la à des feuillages gris, comme la lavande ou l’immortelle, pour faire vibrer son rouge.

Le lin de Nouvelle-Zélande, Phormium tenax

Le lin de Nouvelle-Zélande n’est pas une graminée au sens botanique, mais il en a la silhouette et le rôle au jardin. Ses longues feuilles rubanées, dressées en éventail, apportent une verticalité graphique que les graminées souples n’offrent pas.

Nous le présentons en deux versions : panaché, aux feuilles rayées de crème, et pourpre, au feuillage bronze foncé. Persistant, il garde sa couleur tout l’automne et tout l’hiver, quand les autres s’endorment.

Il aime le soleil, un sol drainé et une situation abritée des vents froids. Placé derrière des cheveux d’ange ou une laîche cuivrée, il sert de fond sombre qui fait ressortir leur lumière.

Comment planter les graminées en automne ?

L’automne est une excellente saison pour planter les graminées, surtout dans le Midi. Le sol est encore chaud, les pluies reviennent, et les racines s’installent avant l’été. Plantez de préférence en octobre et novembre, dans un sol ressuyé, jamais dans la boue.

Commencez par le drainage. La plupart des graminées de cette liste craignent davantage l’eau stagnante que la sécheresse. En terre argileuse, plantez donc sur une légère butte et allégez la terre avec une terre végétale de qualité et un matériau drainant. Après un épisode cévenol, laissez le sol s’égoutter avant toute intervention.

Ensuite, respectez les distances. Une graminée s’élargit avec les années. Comptez 30 centimètres entre deux fétuques, 40 à 50 centimètres entre deux cheveux d’ange, et 80 centimètres à un mètre pour une eulalie. Un massif trop serré étouffe les plantes et perd sa légèreté.

Enfin, arrosez copieusement à la plantation, puis laissez faire les pluies. Un paillage minéral limite les herbes concurrentes et reste en place sous les grosses averses. N’apportez pas d’engrais : trop nourries, les graminées s’affalent.

Comment entretenir les graminées au fil des saisons ?

Les graminées comptent parmi les plantes les moins exigeantes du jardin. Un seul geste compte vraiment : le nettoyage de fin d’hiver.

Pour les graminées caduques, comme l’eulalie et l’herbe aux écouvillons, rabattez la touffe à 10 ou 15 centimètres en février. Faites-le avant l’apparition des nouvelles pousses, mais pas avant : leurs silhouettes sèches sont le décor de l’hiver. La paille de Dys, elle, se nettoie simplement de ses feuilles mortes au printemps.

Pour les persistantes, comme les cheveux d’ange, la fétuque bleue, la laîche et le phormium, ne coupez pas. Peignez la touffe avec les doigts ou un râteau souple pour retirer les feuilles sèches. Une coupe franche les abîme durablement.

Côté arrosage, un apport toutes les deux ou trois semaines suffit le premier été. Ensuite, la plupart se passent d’arrosage. Réduisez d’ailleurs fortement l’eau dès l’automne : c’est l’une des erreurs les plus fréquentes à cette saison.

Tous les cinq à sept ans, divisez les touffes qui se dégarnissent au centre. Cette opération se fait au printemps, au redémarrage de la végétation.

Avec quoi associer les graminées pour un jardin lumineux ?

Les graminées gagnent à être associées à des plantes aux formes contrastées. Mariez leur légèreté à des masses rondes ou à des silhouettes fortes.

Dans la même rubrique du site, plusieurs vivaces méditerranéennes se marient parfaitement avec elles. Les lavandes, l’immortelle et la sauge de Jérusalem forment des boules argentées qui répondent aux épis dorés. L’euphorbe offre un vert bleuté qui réveille l’ensemble.

Pour prolonger la couleur jusqu’en novembre, ajoutez des vivaces à floraison tardive : sedum, gaura, verveine de Buenos Aires et sauge de Russie. Les ombelles du sedum, roses puis brunes, dialoguent parfaitement avec un pennisetum.

Enfin, pensez à la lumière avant de planter. Repérez d’où vient le soleil du matin et du soir, et placez vos graminées pour qu’elles soient vues à contre-jour depuis la terrasse ou les fenêtres. C’est là que la magie opère.

Foire Aux Questions :

Les cheveux d’ange et la fétuque bleue sont les plus sobres, suivis de l’herbe aux écouvillons. Une fois installés, ils se passent d’arrosage l’été dans le Midi. L’eulalie et la paille de Dys apprécient en revanche un sol qui garde un peu de fraîcheur.

Oui, c’est même l’une des meilleures périodes. Le sol est chaud, les pluies reviennent, et les racines s’installent avant l’été. Veillez seulement à planter dans une terre ressuyée et bien drainée.

En février pour les espèces caduques, comme l’eulalie ou l’herbe aux écouvillons. Jamais pour les persistantes, comme les cheveux d’ange, la fétuque ou la laîche : on les peigne simplement. Ne coupez rien en automne, les épis secs décorent le jardin tout l’hiver.

Évitez Pennisetum setaceum, l’herbe aux écouvillons pourpre, et l’herbe de la pampa, toutes deux envahissantes sur le littoral méditerranéen. Les espèces de cette sélection restent sages au jardin.

Oui, surtout les compactes : fétuque bleue, cheveux d’ange, laîche testacée ou herbe aux écouvillons. Choisissez un pot profond, un substrat drainant et retirez la soucoupe en hiver. Arrosez un peu plus souvent qu’en pleine terre pendant l’été.
Conseils de la Pépinière

Besoin de conseils personnalisés ?

Les graminées en automne offrent ce que peu de plantes savent donner à cette saison : de la lumière, du mouvement et des couleurs chaudes qui durent jusqu’en hiver. Cheveux d’ange, eulalie, herbe aux écouvillons, fétuque bleue, laîche testacée, paille de Dys et lin de Nouvelle-Zélande composent une palette complète, du bleu argenté au rouge vitrail. Plantées maintenant, dans un sol drainé et bien exposées, elles seront déjà belles l’automne prochain.

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